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Tractations, divisions, quelle réponse à la nouvelle crise nucléaire ?

      Dans un communiqué du 10 septembre, l'agence de presse nord-coréenne KCNA publie un rapport sur le test nucléaire auquel la Corée du Nord a procédé le 9 octobre 2006, provoquant un tollé au sein de la société internationale. Le communiqué affirme ainsi que l'essai a été mené à son terme avec succès, dans de bonnes conditions de sécurité, pendant que le peuple fêtait l'avènement d'un grande puissance socialiste. Les scientifiques ont réaffirmé qu'aucune émission radioactive dangereuse n'a été constaté durant l'essai. KCNA rajoute que ce test a pu être réalisé avec uniquement « la sagesse locale » et la technologie. Il s'agit d'un évènement important dans l'Histoire du pays qui a vraiment encouragé et contenté le peuple qui a toujours souhaité que le pays se dote de sa propre capacité de défense. Le communiqué conclut enfin que ce tournant contribuera à défendre la paix et la stabilité sur la péninsule coréenne et aux alentours... contre les USA ?


         Qu'en est-il de la réponse que la communauté internationale donnera au comportement de l'Etat voyou ? Rappelons que l'ONU a appelé le 6 octobre la Corée du Nord à renoncer à cet essai. Les USA ont proposé un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations Unies, examiné depuis lundi, et proposant des sanctions à l'encontre de la Corée du Nord, qui pourrait intervenir avant la fin de la semaine selon certains diplomates. Les USA cherchent et attendent « une réponse rapide ».

         Une impression de déjà-vu ? Ne se croirait-on pas de retour au 4 juillet 2006 ? Tout laisse à penser que oui. L'ensemble de la société internationale s'accorde sur le fait de condamner l'essai nucléaire nord-coréen et d'y apporter une réponse ferme, mais elle se divise sur la question du contenu de la réponse. 


         Que contient le projet de résolution américain ? Comme le projet du mois de juillet, il propose des sanctions bien entendu, en particulier l'inspection de tous les navires entrant ou quittant les ports nord-coréens, le gel de tout transfert ou développement d'armes de destruction massive, etc. Le Japon soutient d'ores et déjà des amendements allant plus loin dans les sanctions, comme par exemple la fermeture pure et simple de tous les ports et aéroports aux navires et avions nord-coréens si ceux-ci étaient chargés de matériel en rapport avec des missiles nucléaires ou balistiques.


         Toutes les solutions sont envisagées, même l'intervention militaire, bien que le porte-parole du gouvernement japonais ait précisé qu'il ne s'agissait que d'une solution parmi tant d'autres, et qu'aucune possibilité n'était pour le moment écartée – le ministre des finances japonais a ajouté que le Japon pourrait envisager de renforcer les sanctions financières déjà prises depuis la fin du mois de septembre. C'est sur la question du recours à la force qui fait actuellement le plus débat, comme elle l'a été lors des pourparlers pour l'adoption de la résolution du 15 juillet dernier. Restant sur les mêmes positions, Pékin et Moscou demeurent prudents sur ce point.


         La Chine a ainsi précisé à la Corée du Nord que le test auquel elle s'est livrée lundi dernier menaçait leurs relations mais prône cependant une résolution diplomatique à la crise – devons-nous encore rappeler le bide de la délégation chinoise envoyée à Pyonyang en juillet ? – et a soutenu que « le temps n'est pas à la punition, et encore moins à l'action militaire ». Il faut discuter d'une vision à long terme, et en particulier du processus de dénucléarisation de la péninsule. Selon, le ministre chinois des affaires étrangères, le Conseil de sécurité ne considère pas pour le moment d'action militaire (A quel saint se vouer ? Japonais ou Chinois ?)


         Maintenant toujours une position consensuelle, la Russie a, à l'instar de la Chine, indiqué sa volonté d'une résolution diplomatique de la crise, à l'occasion d'une conférence avec le ministre russe des affaires étrangères et certains de ses homologues étrangers.


         Il ressortirait cependant de la réunion d'urgence du Conseil de Sécurité de l'ONU que l'ensemble des membres s'entendent sur la condamnation de l'essai nucléaire et l'apport d'une réponse ferme et claire.


         De son côté, la Corée du Nord s'est dite prête à abandonner son programme nucléaire... si les Etats-Unis prenaient des mesures en conséquence – un vœu qui semble bien pieux. Elle espère que la situation sera rapidement résolue, sans quoi elle pourrait malencontreusement tirer un missile nucléaire...


         On ne sait plus vraiment que penser de tout cela. Test nucléaire réussi, mais peut-on avoir des certitudes là-dessus ? Tir d'un missile nucléaire ? Les services de renseignements sud-coréens affirment qu'ils n'ont pour le moment pas remarqué d'activité pouvant faire penser à la préparation d'un tel tir (Ouf). De plus, pourra-t-on espérer que la société internationale sera enfin capable d'apporter une réponse appropriée à la crise – si une telle solution existe. Rappelons-nous que suite au tir de sept missiles balistiques le 4 juillet dernier, les membres du Conseil de sécurité s'étaient accordés pour une réponse ferme... pour finalement arriver à une résolution, qui après de nombreuses tractations, a été vidée de toute force. La situation actuelle au Conseil de sécurité prend la même tournure qu'en juillet. Attendons de voir si la communauté internationale saura enfin faire bloc devant la Corée du Nord.

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