La Corée du Nord a annoncé aujourd'hui qu'elle avait procédé lundi au test nucléaire annoncé le 3 octobre dernier (voir le billet Le salaire de la peur). Il s'agirait d'un test souterrain, ce qui confirmerait alors les soupçons des services secrets américains et sud-coréens qui avaient remarqué la construction de tunnels près du Mont Mumyeaong en Corée du Nord (voir le billet Inquiétantes activités ?). Ce test aurait ainsi eu lieu trois jours après la demande de l'ONU de renoncer à cet essai, réussi selon le gouvernement nord-coréen.
Une réunion d'urgence s'est tenue au Conseil de sécurité de l'ONU, sous la présidence du Japon. Il en est ressorti une ferme condamnation de l'attitude nord-coréenne et l'ordre de ne plus procéder à d'autres tests. Un projet de résolution soutenu par les USA a été examiné cet après-midi, pour imposer des sanctions, en faisant notamment appel au Chapitre VII de la charte des Nations unies prévoyant le recours à la force -rappelons que ce même chapitre avait fait débat au mois de juillet 2006 lors de la discussion pour l'adoption de la résolution du 15 juillet. Sa référence avait été abandonné à la demande notamment de la Chine qui prônait une solution consensuelle.
Il semble à présent que la Corée du Nord ait été abandonnée par tous ses alliés. La Chine (qui avait refusé la possibilité d'un recours à la force en juillet dernier) et la Russie ont, à l'instar de la société internationale, condamné fermement l'essai nucléaire et l'ont qualifié "d'inacceptable". Les USA, à l'origine du projet de résolution actuellement examiné par le Conseil de sécurité en ce moment, ont cependant fait savoir qu'ils ne fermaient pas la voie diplomatique.
Il s'agira ici d'un premier grand test pour Ban Ki-Moon, chef de la diplomatie sud-coréenne et récemment appelé à devenir le prochain secrétaire général des Nations Unis, succédant à Kofi Annan qui quittera ses fonctions le 1er janvier 2007. M. Ban aura encore ici une occasion de démontrer ses compétences dans la volonté de concilier les différents puissances mondiales dans la crise nord-coréenne, ainsi qu'il l'a toujours fait en tant que chef de la diplomatie sud-coréenne. Dans une conférence de presse du 9 octobre, M. Ban a annoncé que la décision de nomination du Conseil de sécurité était un honneur pour lui. "Cela devrait être un moment de joie, mais à l'inverse, mon coeur est très lourd" affirma-t-il en faisant allusion à la transgression nord-coréenne.