Le premier grand espoir de médaille d'or olympique pour la Corée du Nord avait été Kim Gwan-Suk, championne du monde des barres asymétriques en 1991. Mais cet espoir avait été déçu lors des Jeux de Barcelone lorsque la jeune Kim - par ailleurs au centre d'une vaste polémique autour de son âge qui aboutira à l'exclusion de la Corée du Nord pour plusieurs années de la Fédération internationale de gymnastique - ne finit qu'à une décevante 4ème place. C'est une chinoise qui cette année-là prendra le titre. En 2003, les championnats du monde qui se tiennent aux Etats-Unis signent le grand retour de la Corée du Nord au plus haut niveau mondial. La Corée du Nord parvient à qualifier une équipe complète pour les Jeux olympiques de 2004 et place deux finalistes individuelles, au saut et aux barres asymétriques, qui termineront respectivement 3ème et 4ème. Ces résultats du renouveau pour l'équipe nord-coréenne ne se concrétiseront toujours pas cependant l'année suivante à Athènes et il leur faudra attendre encore 4 années avant de pouvoir goûter à l'or olympique.
Il est certain que la vie de cette jeune fille changera et fera son entrée dans le Panthéon des (très) nombreux héros nord-coréens supposés inspirer le peuple. Au-delà de l'instrumentalisation politique dont la gymnaste risque de faire l'objet - soulignons toutefois la neutralité de la dépêche publié aujourd'hui par KCNA - nous ne pouvons que saluer la performance sportive : Félicitations à Hong Un-Jong (sur la photo au centre).
Les espoirs de médailles étaient pourtant assez minces en gymnastique pour la Corée du Nord qui n'était pas parvenue à qualifier d'équipes complètes, ni chez les hommes ni chez les femmes, lors des Championnats du monde de 2007 pour ces Jeux. Elle n'a pu ainsi envoyer que 2 gymnastes féminines. Rappelons que la délégation nord-coréenne pour ces Jeux est composée de 60 athlètes, contre presque 300 pour la Corée du Sud, qui figure très haut dans le tableau des médailles actuellement. La Corée du Sud n'a cependant aucun espoir de médaille en gymnastique féminine.
Les deux délégations, nord et sud-coréennes, sont toujours séparées, contrairement aux évolutions qui avaient été souhaitée dès la rencontre historique entre les dirigeants des deux pays en 2000. Si les deux Corées ont défilé main dans la main à Sydney et à Athènes, l'idée de ne présenter qu'une seule et même équipe aux Jeux olympiques semble aujourd'hui très loin, les deux délégations ayant défilé séparément lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Pekin. Pyongnyang a en effet repoussé en février dernier la proposition sud-coréenne d'ouvrir des négociations pour un défilé commun. Ce pas en arrière reflète bien le climat particulièrement tendu qui règne en ce moment entre les deux voisins, dont les crises semblent se multiplier, à la faveur d'une plus grande intransigeance affichée par Séoul.