Où mène la résolution adoptée le 15 juillet ? Si cette dernière a permis de montrer à la Corée du Nord que la communauté internationale était capable d'une réponse ferme, il n'en reste pas moins qu'elle ne résout pas les divisions sur les suites à donner à l'attitude nord-coréenne.
Le ministre sud-coréen de la réunification, en accord avec la politique gouvernementale, a fait savoir hier aux Etats-Unis que des sanctions supplémentaires à l'encontre de son voisin du Nord ne devraient pas être prises, au risque de menacer la relative stabilité de la péninsule en "faisant monter la tension militaire". Ainsi, en même temps que la suspension des aides alimentaires sud-coréennes se poursuit, le gouvernement de Séoul reste engagé au retour aux pourparlers de la Corée du Nord.
Les USA ne semblent quant à eux pas se trouver dans le même état d'esprit et multiplient les signes d'hostilité envers la Corée du Nord (refus d'un visa au directeur général nord-coréen des affaires étrangères, poursuite des enquêtes sur les abus en matière de droits de l'Homme). En particulier, KCNA (agence de presse nord-coréenne) accuse dans un communiqué du 21 juillet les USA de préparer une invasion, que la Corée du Nord pourrait repousser (rappelons que le pays dispose d'un contingent militaire très important). L'exercice militaire biennal, le RIMPAC, qui se tient dans le Pacifique en collaboration notamment avec la Corée du Sud, le Chili, le Canada et l'Australie, a fait passer les USA une nouvelle fois pour une puissance impérialiste, porteuse d'une politique asiatique agressive. KCNA affirme ainsi que ce que les USA veulent faire passer pour un exercice destiné à protéger les routes maritimes et à prévenir le terrorisme n'est en fait qu'un prétexte à la préparation d'une attaque qui pourrait bien mener à la seconde guerre de Corée -le communiqué ironise sur le fait que les USA n'aient pas su tirer les leçons du passé et notamment de leur défaite lors de la guerre de Corée dans les années 1950-. Rappelons que lors du discours d'ouverture des rencontres interministérielles entre les deux Corées, la Corée du Nord avait réclamé de la Corée du Sud la fin de sa participation à de telles exercices militaires en collaboration avec des puissances étrangères menaçant la sécurité de la péninsule. Espérons que le gouvernement du Nord n'utilise pas ce prétexte pour lui-même attaquer.