Mardi 4 juillet 2006, la Corée du Nord est sorti de son isolement, une nouvelle fois de manière malheureuse. Le gouvernement a en effet procédé au tir de sept missiles balistiques, dont un de longue portée, en direction des Etats-Unis -le jour de la fête nationale américaine- et en direction du Japon. Ces essais ne furent pas a priori concluants puisque quelques minutes après leur lancement, les missiles se sont abîmés en Mer de Corée, à environ 500 km de la péninsule nipponne. Malgré cette tentative avortée, les voisins directs de la Corée du Nord -la Corée du Sud, le Japon, la Chine et la Russie- ainsi que les Etats-Unis, se sentant menacés, ont vivement réagi. Le missile Taepodong-2 serait a priori capable au regard de la portée théorique estimée d'atteindre l'Alaska et Hawaï.
Le Japon ainsi que les Etats-Unis ont rapidement proposé l'adoption d'une résolution au sein du Conseil de sécurité de l'ONU visant à sanctionner une telle "provocation". Ce projet ne fait pour le moment pas l'unanimité et l'adoption de la résolution a été reportée pour "laisser du temps à la diplomatie chinoise" qui souhaite avant tout éviter un conflit militaire avec son voisin. Précisons que la Chine, avec la Russie, est l'un des derniers alliés de la Corée du Nord à l'heure actuelle et que même si Pékin a officiellement condamné l'action de son petit frère nord-coréen, il n'en demeure pas moins que la voie du consensus lui apparaît plus profitable pour toutes les parties que des mesures rigoureuses. La Russie quant à elle est soucieuse de la tenue du sommet du G8 dans les prochains jours à Saint-Petersbourg.
Le numéro un nord-coréen, Kim Jong-Il (secrétaire général du Parti mais non chef d'Etat), a fait cependant savoir que son pays était prêt à une "guerre totale" en cas de sanctions. Rappelons cependant que la résolution ne vise en rien l'aide alimentaire fournie au pays -la Corée du Nord, malgré une politique visant l'autosuffisance, demeure le pays le plus assisté au monde. Il s'agirait "seulement" de supprimer toute aide susceptible d'aider au développement d'un programme nucléaire militaire (voir le billet Quel contenu à la résolution ?).
En parallèle, le Japon et la Corée du Sud ont déjà pris des sanctions au niveau national, sanctions qui fermeraient des vaisseaux vitaux à l'économie déjà bien faible de ce pays (le Japon a notamment interdit aux bateaux nord-coréens l'accès à ses ports pendant six mois). Le Japon s'est d'ailleurs déclaré prêt à attaquer, bien que sa constitution pacifique le lui interdise (La Corée du Nord, et la Corée en général, ayant par le passé été sous domination japonaise, les tensions entre ces trois états ne sont jamais réellement retombées).
Rappelons enfin pour information que les Etats-Unis sont un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU -avec la Chine, la France, le Royaume-Uni et la Russie qui disposent avec les Etats-Unis d'un droit de veto- et que le Japon fait partie des quinze membres temporaires du Conseil pour cette année.