C'était presque écrit : la société internationale a une nouvelle fois montrée une grande inefficacité. Même si elle a réussi à se mettre d'accord samedi 14 octobre en faisant adopter à l'unanimité une nouvelle résolution sanctionnant l'essai nucléaire auquel à procédé la Corée du Nord lundi 9 octobre -dont l'existence aurait été confirmée par les experts américains ayant décelé dans des échantillons d'air prélevés au-dessus du lieu du test des traces de radioactivité.
La résolution vise à un embargo sur les armes et les technologies nucléaires, avec notamment l'inspection des navires entrant et sortant de Corée du Nord. Le recours à la force a été exclu du projet américain, en particulier à la demande de la Chine. Mais alors ? Où se pose le problème ? L'Histoire nous a appris que l'adoption d'une résolution n'est qu'un coup d'épée dans l'eau si les volontés ne suivent pas. Or la Chine a d'ores et déjà fait savoir qu'elle ne participerait pas aux inspections des bateaux nord-coréens. Principal et peut-être dernier réel soutien du régime de Pyonyang, Pékin craint le déclenchement d'un nouveau conflit -parce que nous ne sommes peut-être pas encore en conflit... Les USA continuent cependant d'exhorter la Chine a être ferme et à se résoudre à prendre les sanctions prévues dans la résolution. Le secrétaire d'Etat américain, Condoleeza Rice, entame une tournée à travers différentes capitales pour discuter des suites de la crise.
Le retour aux négociations n'est pas totalement utopique. En particulier, cette voie n'a pas été bannie par Pyonyang : le gouvernement nord-coréen avait proposé aux USA des pourparlers bilatéraux -proposition rejetée par M. Bush, malgré les recommandations du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan- et il a fait savoir à un diplomate russe qu'un retour à la table des négociations à six était encore possible.
Comment la résolution a-t-elle été accueillie à Pyonyang ? Plutôt mal (pouvait-on le cacher plus longtemps ?), le gouvernement ayant dénoncé des "méthodes de gangsters" et rappelant que les USA sont aussi une puissance nucléaire représentant donc une menace.
Tout le monde, l'Union européenne, la France, l'Australie, le Canada et autres -à part la Chine- semble se féliciter de l'adoption de cette résolution qui représenterait une réponse forte et unie... mais a-t-on de quoi être fier de ce nouveau texte qui risque fort de rester lettre morte comme la précédente, adoptée en juillet 2006 suite au tir de sept missiles balistiques. Cette résolution n'a pas eu les effets escomptés, à savoir, elle n'a pas empêché la Corée du Nord de procéder à un test nucléaire (Le pourrait-on pas encore douter de son succès ou de son existence ? Les USA n'auraient-ils pas confirmer tout cela pour justifier la riposte énergique qu'ils désirent ?), et Pyonyang n'est toujours pas revenu à la table de négociations multilatérales qu'elle boycotte depuis 2005. Effectivité : nulle, probablement à cause des divisions dont la communauté internationale a fait preuve au mois de juillet.
Aujourd'hui, il est douteux que la nouvelle résolution soit efficace, en particulier si la Chine a déjà décidé de ne pas en appliquer une partie. Le Japon quant à lui fait du zèle. Tokyo avait en effet mis en oeuvre le 19 septembre dernier de nouvelles sanctions, en addition à celles déjà prise en juillet. Et le gouvernement japonais considère déjà de nouvelles mesures punitives.